L’art d’exister

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Depuis la nuit des temps, l’Humain se pose inlassablement la même question : « Quel est le sens de la vie ? »
En nous demandant cela, nous nous questionnons principalement sur l’origine et la finalité de notre existence : comment sommes-nous arrivé·e·s là et pourquoi ?
La plupart voire toutes les cultures ont tenté de trouver une réponse à ce questionnement fondamental, à cette interrogation d’ordre métaphysique. La question a été traitée de différentes façons, en fonction des origines culturelles des individus s’étant penchés dessus. Ainsi, pendant des siècles, les religions ont naturellement tenté de faire intervenir une force surnaturelle (Dieu, généralement) dans leurs explications concernant l’existence humaine. Mais la croissance du nombre d’athées ainsi que la naissance de nouveaux courants de pensée  au cours de ces derniers siècles ont engendré de nouvelles approches à la question, ainsi que des débats. A titre d’exemple, l’existentialisme prône la capacité de l’Humain à déterminer lui-même ce qu’il sera grâce à ses actions, tandis que le déterminisme, au contraire, défend l’idée que nous sommes déterminé·e·s par divers facteurs, ce qui revient à dire que nous sommes « condamné·e·s » à une sorte de destin et que tout est prédéfini, inéluctable.

Ces notions peuvent sembler très abstraites mais cela ne vous empêche pas de vous interroger sur le but de la vie.
C’est après avoir lu L’Étranger d’Albert Camus que j’ai commencé à y songer. J’ai par la suite visionné des reportages et interviews de physiciens parlant de théories fascinantes relatives au Big Bang, aux diverses possibilités de morts de l’Univers, et à un tas d’autres sujets qui m’ont amené à élargir mon interrogation : dès lors, je me demandais quel était le but de tout et pas uniquement celui de la vie humaine. En somme, j’ai poussé le résonnement plus loin. A l’extrême peut-être. Les questions métaphysiques ont noyé mon esprit. Pourquoi existons-nous ? Pourquoi notre environnement existe-t-il ? Pourquoi notre planète existe-t-elle ? Et pourquoi l’Univers ? Pourquoi tout cela, alors que tout est condamné à disparaître, bien que cela ne se produira que dans un nombre incalculable de milliards d’années ?
Inévitablement, ses pensées m’ont plongé pendant des semaines dans un état de profond septicisme qui fut, je dois dire, oppressant. Je me suis rendu compte que tout ce que nous faisons au quotidien était, d’une certaine façon, vain : tout ce que nous accomplissons, tout ce que nous fabriquons, construisons, inventons, améliorons, est voué à disparaître, dans un futur extrêmement éloigné, certes, mais tout de même. Je trouvais cela effrayant mais il s’agissait d’un fait. Alors, à quoi bon ? Ce raisonnement — pessimiste, je l’admets — , vous atteint au plus profond de vous-même lorsqu’il vous assaille, et ne vous lâche pas. Il semble alors qu’il vous faille percer le mystère qui entoure ces interrogations si vous voulez retrouvez une existence sereine. Mais vous vous rendez à l’évidence : vous savez pertinemment que si personne à ce jour n’est parvenu à élucider le mystère en question, il est peu probable que vous en veniez à bout. Le mieux que vous puissiez faire alors, c’est de trouver la solution qui vous semble la plus probable et la plus cohérente selon vous (par exemple, conclure en disant que pour vous, l’Humain existe sans le seul but d’évoluer… que sais-je !) et d’y croire. Mais cela ne sera pas une vérité universelle et objective ; ce ne sera qu’une croyance — la vôtre — et qui dit « croyance » dit « subjectivité ».

Pour ma part, j’ai à peu près réussi à me sortir de cette spirale infernale qui faisait que mon esprit était sans cesse parcouru par des kilomètres de réflexion dont je ne voyais pas le bout et qui ne m’apporterait jamais de solution. J’ai donc décidé de me créer ma propre solution au terrible problème du sens de la vie, en employant la méthode que je viens de synthétiser et j’en ai conclus que la finalité de l’existence humaine était d’incarner une certaine forme d’art, car pour moi, il y a une dimension artistique dans la vie. Il me semble qu’il faut transformer sa vie en une sorte de tableau que l’on améliore de la naissance à la mort et qui, quand plus rien n’existera, aura au moins eu le mérite d’exister à un moment donné.

Pour moi, vivre, c’est être artiste du quotidien, et c’est cette croyance qui me réconforte.


Source de l’image d’en-tête : http://wallpaperswide.com/

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